En marge du film " Tirailleurs "

Publié le par Michèle Pontier-Bianco

Le 3ème R.T.A. débarquant en Provence - 15/08/1944

Le 3ème R.T.A. débarquant en Provence - 15/08/1944

19/01/23 - 173 ème article

En ce moment sort sur les écrans le film  " Tirailleurs "  qui met en lumière une partie des troupes dites "coloniales " qui, dans la 1ère Guerre Mondiale, vinrent au secours de la France dans ce conflit qui l'opposait à l'Allemagne. Le film concerne les  "Tirailleurs Sénégalais" . Il faut rappeler qu'il y avait "aussi" tous ceux d'Algérie et d'autres territoires également dits "coloniaux " !

Pour la Seconde Guerre Mondiale ... ce fut pareil  et on peut ajouter : hélas ... Le chant " Les Africains" ( composé en 1941 par le Capitaine Félix Boyer à partir des paroles d'une marche pour la Division marocaine en 1915 ) , ce chant explique avec fougue l'immense participation des coloniaux.

Cependant dans la réalité, tous ne partaient pas la fleur au fusil. Il est évident qu'un soldat musulman, venant d'un  djebel, ne pouvait pas éprouver les mêmes sentiments qu'un soldat qui avait des origines plus ou moins lointaines en France, peut-être encore des attaches familiales, sachant l'occupation allemande ! Pourtant, que ce fût  avec enthousiasme ou " bessif " , nos turcos débarquèrent en Provence le 15/08/1944 et ils entrèrent dans la bataille où on les vit  se battre comme des lions.  

Insigne de la 3ème D.I.A. - Insigne inspiré par la petite Victoire du Monument aux Morts de constantine

Insigne de la 3ème D.I.A. - Insigne inspiré par la petite Victoire du Monument aux Morts de constantine

Je voudrais parler du 3ème RTA puisque, précédemment, mon article sur la caserne de Constantine - le Quartier Welvert - parlait de ce régiment qui était celui de mon Père et ses tirailleurs étaient tout près de notre maison ! 

Il faut tout d'abord clarifier les appellations et je vous livre un texte qui le fait très bien.

" La 3e division d'infanterie algérienne (3e DIA) est une division d' infanterie de l' armée d'Afrique qui participe à la Seconde Guerre mondiale.

Formée à la suite de la libération de l' Afrique du Nord française, elle s'illustre particulièrement en Italie en 1944 au sein du corps expéditionnaire français du général Juin, en Provence, lors des libérations de Toulon et Marseille, dans les Vosges, lors des difficiles combats pour la libération de Basse-sur-le-Rupt et Cornimont, et en Alsace (Strasbourg) au sein de la 1re armée française du général de Lattre de Tassigny.

Considérée par les généraux de Monsabert et Juin comme la « digne héritière » de la légion romaine d'Afrique du Nord, la IIIe Augusta1, la 3e DIA est aussi appelée Division des Trois Croissants car elle a pour ossature trois régiments de tirailleurs : le 3e RTA, le 4e RTT et le 7e RTA "

 

On peut  résumer en peu de mots le long trajet que firent nos soldats Constantinois : " De la Provence aux confins du Danube " . Ce  bien long chemin s'effectua parfois dans la mitraille ou la neige - ou dans la mitraille et la neige ...

Les villes et les régions mentionnées plus haut virent des batailles sanglantes pour déloger l'ennemi. D'autres, comme Lyon, eurent plus de chance.    Ainsi, les Allemands sachant la ville encerclée par les libérateurs, firent sauter tous les ponts sauf la passerelle de L'Homme de la Roche et deux autres - ce qui fut utile à nos troupes - et ils prirent la fuite.  

" Le 3 septembre 1944, Lyon est libéré par la première division française libre, la 36e division d'infanterie américaine, les FFI, les Francs-tireurs " .

Ailleurs, hélas, les combats furent sanglants. L'attaque de la Poche de Colmar reste dans les mémoires ... 

 

" Le 2e Corps d'Armée français du général de Monsabert lança son offensive les 22 et  avec la 3e division d'infanterie américaine et la 1re division française libre. Le sud de la 3e division était défendu par la 28e division d'infanterie U.S., tandis que la 2e division blindée française restait en réserve. " .

Triste bilan de la bataille de  Colmar ...

 

" Les pertes de la 1re armée française sont estimées par le maréchal de Lattre de Tassigny à 2 137 tués (1 595 Français et 542 Américains) et 11 253 blessés (8 583 Français et 2 670 Américains). " .

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Ainsi leur route était  jalonnée par des villes occupées qu'ils devaient libérer. Nous passons souvent dans ces mêmes villes au cours de nos voyages à travers le pays. De Lyon, nous "descendons" vers le midi ou bien, nous sillonnons la Bourgogne en tous sens et allons souvent en Alsace : nous suivons donc  les chemins qu' ILS  ont pris. Et nous trouvons des noms de rues, des plaques avec des mots de gratitude : ILS ont lutté là et ILS y ont laissé leur vie. Nos pensées volent vers eux  ...

Unités Américaines non loin deColmar

Unités Américaines non loin deColmar

Au lendemain de la guerre, on décida de regrouper les corps de ceux qui étaient tombés  dans toutes les batailles, dans une vaste nécropole nationale à Sigolsheim (Haut-Rhin) . Elle fut inaugurée en 1965.

Ils reposent là, toutes religions mêlées

Ils reposent là, toutes religions mêlées

Cette nécropole comprend 1 589 corps de soldats français inhumés en tombes individuelles, parmi lesquelles sont recensées 792 tombes de militaires maghrébins et 15 tombes de militaires juifs.

PLUS JAMAIS ça !!!!!!!!!!!!! 

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