L'Hôtel Cirta
Comme un palais oriental dominant le Rhumel et semblant être le couronnement du Pont de Sidi Rached, l'Hôtel Cirta était le lieu de séjour prestigieux des personnalités qui venaient à Constantine. Pendant la Guerre, les officiers américains l'apprécièrent aussi. D'une blancheur immaculée, ponctué de dentelures de pierre, surmonté d'un dôme, il semblait sorti d'un conte. Le Palais du Bey étant inaccessible, cette architecture nous captivait lorsque nous passions Place Lamoricière. Son style andalou, arabo-mauresque, était en adéquation avec le pays, le Palmarium à Sidi-M'Cid s'en inspirait aussi, cela faisait rêver ...
Le Cirta - 1 094 M2 - semble à cheval entre modernité et tradition : sa façade principale donne sur l'avenue Rahmani Achour (ex-avenue Viviani) , l'arrière est tourné vers le Rhumel (qui n'est pas encore entré dans ses fameuses gorges) , une façade latérale domine le Bardo et l'autre, le Pont de Sidi-Rached. On n'est pas loin et du Vieux Marché et de la vieille ville.
Il a fêté ses cent ans en 2 012 et a été modernisé. Des esprits chagrins avaient émis l'idée qu'il était vieux et démodé, sans doute voulaient-ils le voir disparaître ! Sa rénovation les fit taire. Il se démarque en effet, et c'est un bien, des hôtels récemment construits, de facture " moderne " qui, " de Dunkerque à Tamanrasset " ou de Rome à Londres, sont tous les mêmes !
Quelle différence entre cette photo et la première ! Sur la photo No 1 : il a été agrandi et c'est ainsi que nous l'avions connu. En 1934 un cinéma fut créé, Le Cirta . Une superbe porte en bois sculpté, (travail du pays) , flanquée de jolies colonnes, menait à la salle qui ressemblait à une salle d'opéra ! J'y vis mon premier Walt Disney : Fantasia. Ce cinéma n'est plus, hélas. Devenu plus tard une Cinémathèque qui " marchait " bien, il brûla en 1 995 et le public, amateur de films de qualité, attendit des années une possible restauration. Après des difficultés juridiques, l'hôtel fut reconnu comme son véritable possesseur et reprit la salle pour en faire autre chose ...
Nous avions une autre approche de l'Hôtel Cirta : la salle de bal qui faisait partie, elle aussi, de l'extension de l'hôtel.
Toute petite, j'y fis la connaissance d'un cours de danse nouvellement créé. Les mamans pouvaient inscrire leurs enfants tout en ayant la possibilité de voir comment le cours fonctionnait. La salle était froide, l'organisation flottante, une dame incolore tenait le piano, ce qui nous distrayait un peu. Le professeur arriva enfin : une petite dame potelée, vêtue d'une redingote serrée à la taille, perchée sur de gros et hauts talons et coiffée d'un chapeau qui semblait être fait de deux chapeaux superposés. Ainsi vêtue, elle nous montra vaguement quelques attitudes et évolutions.
Cette démonstration pittoresque refroidit les mères ! Mais la musique m'avait plu : j'appris donc le piano ! Cette salle servait aux bals des associations et amicales qui regroupaient des gens originaires des provinces de France. Les mères " affairistes " s'y pressaient avec leurs filles encore adolescentes dans l'espoir de les " caser " ! Ce n'était pas le cas chez moi ! Plus tard j'y suis allée quelques rares fois.
Quant à l'hôtel lui-même, je n'en connaissais que le hall d'entrée y ayant vu une exposition ; cela me permit de jeter un coup d'oeil sur la salle de restaurant. Mais il existe, maintenant, une piscine de création récente qui, à côté du Salon de thé, du Bar Américain et bien d'autres agréments, font que l'Hôtel Cirta continue sa fabuleuse carrière.
Non loin de lui s'élevait le beau Casino avec son cinéma : Le Colisée, lui n'a pas eu la chance de durer ...
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